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L'original de cette page est en anglais.

Discours au SMSI, le 16 juillet 2003

par Richard Stallman

L'avantage des ordinateurs est qu'ils rendent faciles la copie et la manipulation de l'information. Certaines entreprises imposent deux sortes de monopoles pour vous enlever cet avantage.

Les brevets logiciels vous limitent dans l'utilisation de votre ordinateur. Ils freinent le développement logiciel. Un gros programme est constitué de dizaines, voire de centaines d'idées. Quand chaque idée peut être brevetée, seuls les IBM et les Microsoft peuvent écrire des logiciels sans crainte. Adieu l'industrie logicielle locale et indépendante. Les brevets logiciels doivent être rejetés.

Le copyright limite l'utilisation et l'échange d'information, exactement ce à quoi sert votre ordinateur. Brader la liberté de copier n'était pas grave lorsque seuls les éditeurs pouvaient faire des copies ; le public ne perdait rien. De nos jours, il faut légaliser le partage de type pair-à-pair [peer-to-peer]. Le SMSI ne doit pas apprendre aux gens que le partage est mauvais.

Le copyright bloque l'accès aux publications scientifiques. Chaque université doit avoir le droit de mettre en place un site miroir librement accessible pour toutes les revues, afin que personne ne soit exclu.

Et il y a les retombées économiques. Quand les entreprises ont du pouvoir sur vous, elles vous sucent jusqu'à la moelle. Le copyright et les brevets logiciels augmentent la fracture numérique et concentrent les richesses. Nous avons trop de pénurie dans le monde ; n'en ajoutons pas. Les accords ADPIC sont déjà assez mauvais, mais les brevets logiciels et le traité sur le copyright de l'OMPI vont bien au delà. Le SMSI doit les repousser.

Les utilisateurs de l'informatique ont besoin d'un logiciel qui respecte leur liberté. Nous l'appelons « logiciel libre », libre signifiant liberté et non gratuité.1 Vous avez la liberté de le faire fonctionner, de l'étudier, de le modifier, et de le redistribuer.

« Logiciel libre » signifie que vous contrôlez votre ordinateur. Avec le logiciel non libre, le contrôle est dans les mains des propriétaires du logiciel. Ils y mettent des agents espions, des portes dérobées [backdoors] et des restrictions.

Avec le logiciel libre, vous pouvez faire faire au programme ce que vous voulez. « Vous » peut signifier un programmeur individuel, une entreprise ou un groupe d'utilisateurs avec des besoins similaires. Les non-programmeurs peuvent convaincre des programmeurs de faire des modifications pour eux ou les payer pour cela. Le logiciel libre vous donne la liberté de le modifier pour qu'il gère votre langue, pour qu'il s'adapte à votre handicap.

Les propriétaires de logiciel rendent délibérément les programmes incompatibles. Quand le logiciel est libre, par contre, les utilisateurs peuvent le rendre conforme aux standards.

Vous avez besoin de logiciel libre pour former des programmeurs d'élite. Le logiciel non libre est secret, personne ne peut donc rien en apprendre. Le logiciel libre donne aux jeunes programmeurs talentueux d'Afrique une chance d'apprendre comment travailler sur de véritables logiciels. Les écoles doivent aussi apprendre aux étudiants l'esprit de coopération. Toutes les écoles doivent utiliser du logiciel libre.

Le logiciel libre est nécessaire au développement durable. Si tous vos compatriotes utilisent un programme secret et contrôlé par une unique entreprise, ce n'est plus du développement, c'est de la colonisation électronique.

Note de traduction
  1. Le mot anglais free veut dire « libre », mais aussi « gratuit », d'où la confusion possible. 

[logo de la FSF]« Notre mission est de préserver, protéger et promouvoir la liberté d'utiliser, étudier, copier, modifier et redistribuer les programmes informatiques, et de défendre les droits des utilisateurs de logiciel libre. »

La Fondation pour le logiciel libre (FSF) est le principal sponsor institutionnel du système d'exploitation GNU. Soutenez GNU et la FSF en achetant des manuels et autres, en adhérant à la FSF en tant que membre associé, ou en faisant un don, soit directement à la FSF, soit via Flattr.

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